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RADIO NUMERIQUE : des responsables médias appellent le CSA à adopter un calendrier rapidement

Paris - Publié le vendredi 20 janvier 2006 à 10 h 36 - n° 181162

Après le lancement par le CSA d’une consultation sur la radio numérique, fin avril 2005, plusieurs responsables de groupes de médias ont pressé hier le Conseil de mettre en place un calendrier précis sur cette question, et parié sur l’« interopérabilité » comme clef de réussite dans cette mutation, lors d’une table ronde sur la radio numérique organisée par l’Electronic Business Group. Confrontées à la nouvelle concurrence des contenus numériques, les radios dansent « au bord du précipice », a affirmé Axel Duroux, président du directoire du groupe RTL. « J’ai demandé au CSA qu’on définisse un calendrier. Si nous attendons d’être d’accord sur une norme de diffusion, nous serons tombés dans le précipice », a-t-il souligné. « Refaire la bande FM, c’est une perte de temps », a déclaré pour sa part Marc Pallain, président du directoire de NRJ Group, par allusion au plan FM 2006 du CSA. « Il faut définir un calendrier rapide et précis de la numérisation, et le modèle économique qui va avec », selon lui.

« Interopérabilité », clef de la réussite de la numérisation

Christophe Sabot, pdg du pôle musique de Lagardère Active, s’est refusé à parler d’« état de crise » pour la radio, préférant évoquer un « état de mutation » dont elle tirera profit grâce à « l’interopérabilité » avec les autres supports numériques, tel l’iPod. « L’interopérabilité est une chance. Elle va nous amener à concevoir de nouveaux programmes », a-t-il prédit. « Si la radio devient interopérable, elle a un avenir extraordinaire », a renchéri Marc Pallain. Une autre clef de la réussite dans la mutation vers le numérique réside dans « l’exclusivité des contenus », en particulier « le divertissement au sens large », d’après Christophe Sabot.
Quant au modèle économique de la radio numérique, il passera selon lui par l’abonnement payant. « Si nous devons aller vers une thématisation plus profonde, nous passerons au modèle payant. La publicité ne sera pas totalement exclue sous sa forme classique. Mais il y a peut-être d’autres formes d’approche » dans ce domaine, a-t-il affirmé. Enjeu crucial de ce passage au numérique pour les radios : ne pas perdre le marché des jeunes. « Si nous n’y prenons pas garde, nous ne serons bientôt plus dans l’univers de consommation des jeunes », a prévenu Axel Duroux. « Une des valeurs ajoutées de la radio est sa mobilité. […] Il faut faire en sorte que les jeunes trouvent une raison d’écouter nos stations », a ajouté Alain Massé, dg délégué en charge de la stratégie et du développement de Radio France.

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