L’incertitude plane sur le débat que doit organiser France 2 jeudi 19 mars avant le second tour des élections municipales à Marseille, à cause des tiraillements que suscite la présence ou non de Martine Vassal, arrivée troisième au premier tour. Dans un premier temps, France 2 avait annoncé la tenue d’un débat jeudi à 20h40 entre les deux candidats arrivés en tête, le maire de gauche sortant Benoît Payan et Franck Allisio (RN), sans Martine Vassal (LR).
« C’est dommage pour la démocratie. Quand vous avez trois candidats, vous invitez les trois, ce n’est pas à la presse de déterminer qui a des chances de gagner », a alors protesté auprès de l’AFP Romain Simmarano, porte-parole et numéro deux de la liste de Mme Vassal. Après cela, le groupe public France Télévisions a indiqué qu’il discutait « également avec Martine Vassal, qui souhaite participer à ce débat ». « Nous avons proposé aux deux autres candidats, Benoît Payan et Franck Allisio, d’élargir ce débat à trois », a poursuivi France Télévisions.
L’équipe de Benoît Payan a assuré à l’AFP être d’accord pour un débat à deux comme pour un débat à trois, renvoyant la balle dans le camp de France Télévisions. Mais pour sa part, Franck Allisio a refusé un débat à trois, en faisant valoir que Martine Vassal n’avait « strictement aucune chance » d’être élue et en qualifiant sa candidature de « candidature fantôme » mue par « une volonté de nuire ». « Je ne participerai pas à une mascarade, je participerai à un débat. On ne nous a jamais proposé un débat à trois, on nous a toujours proposé un débat à deux, que ce soit BFM, que ce soit LCI, que ce soit France 2 », a-t-il déclaré à l’AFP.
Sollicité, France Télévisions n’a pas fait de commentaire. Au premier tour, Benoît Payan a devancé Franck Allisio d’une courte tête (36,70 % contre 35,02 %). Martine Vassal était loin derrière, à 12,4 %. Avec 11,94 %, le LFI Sébastien Delogu était également qualifié pour le second tour, mais il s’est finalement retiré face au risque d’une victoire du RN.
Outre le débat télévisé sur le second tour à Marseille, un cas de figure similaire concernant celui de Paris a provoqué l’indignation de LFI. Arrivée troisième au premier tour et qualifiée pour le second, sa candidate, Sophia Chikirou, n’était initialement pas invitée au débat opposant mercredi soir sur BFM TV les deux premiers, Emmanuel Grégoire (gauche unie hors LFI) et Rachida Dati (LR et MoDem). LFI avait annoncé mardi son intention de saisir l’Arcom.
Finalement, mercredi, BFM TV a annoncé inviter la candidate LFI. La chaîne avait expliqué mardi n’inviter que « les deux candidats en mesure de remporter la mairie de Paris ».
L’Arcom a souligné mercredi que « l’organisation de ces débats relève de la liberté éditoriale des chaînes, à condition que l’équilibre des temps de parole soit respecté sur la période ». L’Autorité a indiqué avoir « reçu de nombreuses saisines relatives à l’organisation de débats pendant la période électorale » (notre édition du jour).
