La pellicule d’un film perdu de Georges Méliès a été retrouvée aux Etats-Unis par Bill McFarland, un professeur retraité et arrière-petit-fils d’un projectionniste de Pennsylvanie rurale. Il a découvert dans un vieux coffre en bois dix bobines, qui « semblaient trop précieuses pour être jetées ». Il a d’abord essayé de les vendre à un antiquaire, qui n’en a pas voulu, avant de se rendre au Centre national de conservation de l’audiovisuel de la Bibliothèque du Congrès, situé à Culpeper, en Virginie.
Intitulé Gugusse et l’Automate, le film de 45 secondes a été réalisé en 1897, deux ans après l’organisation par les frères Lumière de la première projection publique cinématographique à Paris. Georges Méliès y incarne un magicien actionnant la manivelle d’un automate qui grandit peu à peu avant de frapper le magicien d’un coup de bâton sur la tête. Ce dernier riposte en assénant des coups de marteau à l’automate, qui rétrécit puis disparaît complètement, grâce à un processus de montage. « Ces plans sont d’une grande précision pour un film aussi ancien, et les blagues sont intemporelles », s’émerveille Jason Evans Groth, conservateur des images animées de la Bibliothèque du Congrès.
Georges Méliès fut l’un des « premiers réalisateurs de film », explique George Willeman, responsable du fonds de bobines en nitrate de la Bibliothèque du Congrès, selon qui la pellicule retrouvée par Bill McFarland est probablement une copie de troisième génération de la bobine originale. Les films de Méliès furent victimes de contrefaçon, faisant de lui « l’un des premiers cinéastes confrontés au piratage », selon George Willeman. Il aurait aussi détruit une centaine de ses négatifs, dont la pellicule fondue aurait servi à fabriquer des bottes pour les poilus lors de la Première Guerre mondiale. Bien que Gugusse et l’automate figure dans le catalogue de l’illusionniste, il n’avait jamais été vu jusqu’à ce que Bill McFarland ne dépose ses bobines.
