Instagram (Meta) et YouTube (Google), jugés responsables d’avoir alimenté la dépression d’une adolescente américaine, Kaley G.M., ont été condamnés à verser 6 millions de dollars de dommages et intérêts, dont 3 millions à titre punitif, par un tribunal civil de Los Angeles, mercredi 25 mars. Meta et Google ont immédiatement annoncé leur intention de faire appel du verdict.
Les jurés avaient d'abord accordé 3 M$ de dommages compensatoires à la plaignante, imputant à Meta 70% de la responsabilité de son préjudice et à YouTube les 30% restants. Dans une seconde phase, le jury a ajouté 3 M$ supplémentaires à titre punitif - selon la même répartition - après avoir conclu que les deux entreprises avaient agi de manière frauduleuse et délibérée.
Cette décision inédite crée un précédent majeur pour des milliers de plaignants aux Etats-Unis qui accusent les grandes plateformes d’être responsables d’une épidémie d’addiction aux réseaux sociaux.
TikTok et Snapchat, également visés par ces litiges, avaient choisi de signer une transaction au montant confidentiel avec Kaley G.M. pour éviter ce premier procès. Meta et YouTube ont, eux, choisi d'en découdre en public.
Le procès, qui s'est étalé sur six semaines de débats, a été marqué par l'audition mi-février de Mark Zuckerberg, patron de Meta, qui a reconnu que son groupe "aurait pu" agir plus tôt pour identifier et exclure les utilisateurs de moins de 13 ans sur Instagram. YouTube, de son côté, a fait profil bas, se présentant comme la nouvelle forme de la télévision familiale, jamais condamnée pour nourrir l'addiction, plutôt que comme un réseau social.