L’ARP et le Bloc ont affirmé leur soutien à Mehdi Mahmoudian, qui a cosigné le scénario d’Un simple accident de Jafar Panahi, arrêté en Iran, dans un communiqué envoyé mercredi 4 février. « La théocratie iranienne est en train de perpétrer contre ses propres citoyens, l’un des plus grands crimes de masse depuis la Seconde Guerre mondiale », écrivent les deux organisations. « Alors le combat de Jafar Panahi et de son coscénariste Mehdi Mahmoudian qui a été arrêté dimanche, Palme d’or à Cannes, et représentant la France aux Oscars, est plus que jamais notre combat à tous. Soutien à Jafar Panahi, Mehdi Mahmoudian, soutien aux Iraniennes et Iraniens libres. »
Mehdi Mahmoudian figure parmi trois personnes arrêtées dimanche 1er février, suspectées d’avoir contribué à la diffusion d’un message critique pour le pouvoir de l’ancien Premier ministre Mir Hossein Moussavi, a indiqué l’agence iranienne Fars. Mehdi Mahmoudian est accusé d’avoir aidé à préparer la déclaration de Mir Hossein Moussavi, figure de l’opposition iranienne, assigné à résidence depuis 2011.
« Dans quelle langue le peuple doit-il dire qu’il ne veut pas de ce système et qu’il ne croit pas à vos mensonges ? Ça suffit », avait déclaré Mir Hossein Moussavi à l’adresse des dirigeants iraniens, dans un communiqué diffusé par son média Kalame. Mehdi Mahmoudian a été arrêté avec le leader étudiant Abdollah Momeni et la journaliste et militante des droits des femmes, Vida Rabbani, précise Fars.
Jafar Panahi a condamné l’arrestation de son ami, coscénariste et ancien codétenu, sur les réseaux sociaux. « Mehdi Mahmoudian n’est pas qu’un simple militant des droits humains emprisonné pendant près de neuf ans », a écrit Jafar Panahi. « Il est un témoin […] - une présence morale rare - dont l’absence se fait immédiatement sentir, aussi bien entre les murs de la prison qu’à l’extérieur », a-t-il ajouté.
Ces arrestations interviennent après la répression sanglante par la République islamique d’une vague de manifestations qui a éclaté en décembre et culminé les 8 et 9 janvier. Les autorités iraniennes reconnaissent la mort de milliers de personnes mais affirment que la grande majorité était des forces de sécurité ou des passants tués par des « terroristes » agissant pour le compte des Etats-Unis et d’Israël. Selon l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), établie aux Etats-Unis, plus de 42 000 personnes ont été arrêtées lors du mouvement. L’ONG a pu confirmer 6 842 morts, dont une majorité de manifestants, mais indique que le bilan pourrait être bien plus élevé, avec plus de 17 000 décès en cours d’examen.
